« J’ai mieux aimé les tableaux que la vie »

Jean Planque

Francisco Toledo

(1940)

Jean Planque a découvert Francisco Toledo à la première exposition que l’artiste mexicain, alors âgé de 23 ans et encore totalement inconnu, fit en 1962 à la galerie Flinker de Paris. Planque acheta non seulement une toile de format appréciable mais acquit également plusieurs dessins à la gouache qu’il garda pour lui-même ou dont il fit cadeau à quelques-uns de ses proches. Il tenta sans succès de persuader Ernst Beyeler de consacrer une exposition à cet artiste. Une fois de plus, Planque faisait ici la preuve de la pertinence et de la sûreté de ses choix. Car l’œuvre de Toledo est aujourd’hui reconnue dans le monde une œuvre vraie, puissante, originale. On devine ce qui a pu séduire le collectionneur devant ces peintures et ces dessins : accords sourds des couleurs qui se détachent sur un fond presque invariablement nocturne, amour pour les matières terreuses et les belles surfaces mêlées de sable que colore un pigment naturel. Enfin il fut sans doute sensible à l’écriture ferme du Mexicain qui fait surgir en quelques traits essentiels un monde inquiétant, où animaux et figures natives s’accordent à danser de fantastiques et cocasses ballets.

Composition avec figures, vers 1960

Technique mixte sur toile

92 x 73 cm

© 2017, ProLitteris, Zurich