« J’ai mieux aimé les tableaux que la vie »

Jean Planque

Brèves

 
 

L’exposition Lever de rideau. L’arène, l’atelier, l’alcôve qui s’est tenue au cours de l’été 2018 au musée Jenisch de Vevey sera à nouveau présentée, cette fois-ci au musée Angladon d’Avignon, du 7 juin au 15 septembre 2019. Préparée à partir des collections de gravures de la Fondation Wernex Coninx et de la Fondation Jean et Suzanne Planque – l’une et l’autre déposées au musée Jenisch – elle évoque, de la série des Saltimbanques remontant à 1905 aux dernières planches des 347 eaux-fortes gravées par Picasso en 1968, la passion du peintre espagnol pour le théâtre. Du chapiteau à l’atelier, de l’atelier à l’arène, de l’arène à l’alcôve, ce sont les prouesses du cirque, les créations des peintres devant le modèle, le ballet des taureaux et des chevaux animant la corrida, enfin les joutes d’amour des corps enlacés qui sont tour à tour présentés sur le devant de la scène.

 

Brouillon auto 4

Picasso, son œuvre et son public, 1968

Planche 1 de la suite des 347

Eau forte

393 x 565 mm

Collection Jean Planque

Le 9 novembre 2018, a été inaugurée l’exposition itinérante Traverser la lumière. Elle défend la cause d’un groupe de peintres français, proches les uns des autres, qui, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, préférèrent être dénommés «non-figuratifs» plutôt qu’ «abstraits». Ils s’opposent en cela aux maîtres de la pure abstraction (dans la continuité de Kandinsky et de Mondrian) ou encore aux «expressionnistes abstraits» américains (Jackson Pollock, Willem de Kooning …) alors en voie de s’imposer en Europe.
Outre Roger Bissière, qui en fut à la fois le représentant le plus âgé et en un sens le maître, ce courant regroupait Jean Bazaine, Elvire Jan, Jean Le Moal, Alfred Manessier et Gustave Singier.

En dépit du soutien de certaines grandes galeries, comme, à Paris, la galerie Drouin, la galerie de France, la galerie Jeanne Bucher et la galerie Maeght, de différents écrivains, collectionneurs et critiques, ce courant fut injustement négligé, surtout à partir des années 1970, et le moment paraît venu de lui restituer son importance.

C’est en 1952 que Jean Planque, encore sous l’emprise de la leçon de Cézanne, découvre très ému la peinture d’Alfred Manessier à la Galerie de France. Cette révélation marque un tournant dans son approche de l’art moderne : «devant ces tableaux, j’ai soudain eu le pressentiment d’une vérité, d’un art non figuratif qui pourrait exprimer mieux, et plus fortement, que l’art figuratif», écrit-il dans son journal en 1972.

Le cœur de l’exposition est constitué, à côté des peintures de Bissière choisies par Jean Planque, par une centaine d’œuvres réunies par un collectionneur suisse, auxquelles viennent s’ajouter les prêts de plusieurs musées importants. L’exposition se tiendra d’abord (du 9 novembre 2018 au 31 mars 2019) au Musée Granet, à Aix-en-Provence, où la Fondation Planque est installée, puis (du 26 avril au 29 septembre 2019) au Kunstmuseum Pablo Picasso de Münster en Allemagne et enfin (du 15 octobre 2019 au 15 janvier 2020), à La Piscine, musée de la Ville de Roubaix.

Une quatrième présentation est encore prévue dans un musée suisse en 2020.

 

 

Traverser la lumière 3

Affiche de l’exposition,

détail d’une œuvre de Jean Bazaine

Chant de l’aube II, 1985

Collection particulière

Traverser la lumière 4

Jean Le Moal

Composition, 1958

Automne, 1958-1960

Garrigue, 1959

Collection particulière

Traverser la lumière 9

Elvire Jan

Ensemble d’œuvres présentées dans l’exposition

Collection particulière

Traverser la lumière 2

Alfred Manessier

Vue de la salle où sont exposées les 4 Passions de 1986

conservées à Sion, Musée d’Art